Mon coup de gueule…sur les plantes et la qualité

“On cueillera les plantes par temps sec après le lever du soleil et la disparition de la rosée.

Les feuilles se cueillent avant complet développement, au plus tard au moment de la formation des boutons floraux (sauf pour les planteront on emploie les feuilles isolées, soit les sommités fleuries, exemple les labiées).

Les bourgeons se cueillent au printemps, les fruits en automne, les racines au printemps et en automne, les écorces d’arbres en hiver, les écorces d’arbrisseaux en automne, les écorces de résineux au printemps.

La négligence de ces données a contribué puissamment à faire tomber les plantes, à plusieurs reprises, dans le discrédit…”

…écrivait en 1964 le Docteur et chirurgien Jean Valnet (“Docteur Nature”) dans son livre “Aromathérapie.

J’ai travaillé pendant plus de six ans pour deux laboratoires de compléments alimentaires que j’ai choisi pour leurs qualités à travers les routes de France à la rencontre des pharmaciens et pendant cinq ans à la direction d’un magasin diététique — donc aux achats — en lien direct avec les fournisseurs.

Mes nombreuses rencontres et expériences avec les différents acteurs de la filière (producteurs, transformateurs, chercheurs, services marketings, répression des fraudes , commerciaux) m’amènent à pousser ce coup de gueule aujourd’hui ou plutôt un conseil à celui qui liera ce billet…

Par définition un complément alimentaire n’a pas d’autorisation de mise sur le marché (A.M.M) puisqu’il est soumis à déclaration alimentaire, et d’ailleurs la même plante d’un laboratoire avec A.M.M (donc déclaration pharmaceutique) aura reçu les contrôles sanitaires obligatoires ; mais les critères rigoureux de sélections des plans, de respect des saisons du cueillette dans tout çà ? Ou sont – ils ? A t on respecté le cycle de la plante, la température au moment de la récolte, la pluviométrie, le cycle lunaire (biodynamie) ? Sommes nous assurés que les autres plants sont pas été arrachés sauvagement? A-t-on replanté au fur et à mesure des récoltes en cueillette sauvage?

Et le bio dans tout ça ?

Depuis 2008, j’ai constaté comme vous tous l’envol du bio. Oui, mais c’est une obligation de moyens et non de résultats en France en alimentaire. Donc il y a pour moi aujourd’hui un bio à deux vitesses :

Deux marques comportant le logo bio AB d’état ou européen (feuille) sur l’étagère de votre revendeur ne se valent pas (ce n’est que mon humble avis). Alors comment faire la différence pour le consommateur lambda entre du bio industriel et du bio artisanal ?

Lorsque j’entends depuis quelques années, parler des problèmes d’approvisionnement de l’arbre à thé en Australie (suite à la demande croissante des Américains) concomitant à des périodes de longues sécheresses, des pillages sauvages dans la nuit des cultures de l’Hélichryse italienne en Croatie un mois avant la récolte (plus gros producteur mondial) ou encore des derniers tremblements de terre au Népal qui ont posé de nombreux soucis aux producteurs de Gaultherie, j’ai peur pour l’avenir.

Aujourd’hui, nombreuses sont les marques à acheter des lots à la tonne de plantes en fonction du cours des marchés mondiaux sans jamais avoir vu le produit, sans le sentir. Une analyse fera l’affaire…

Alors si on ne veux pas que le business des tradeurs affole nos placards (scandale du bœuf à la viande de cheval récemment, surexploitation des ressources végétales, fabrication dans des conditions industrielles avec perte de l’objectif premier de la plante, scandale du lait contaminé…) je vous conseille de suivre ces quelques conseils non exhaustifs et surtout de relever la tête avant d’acheter seulement une pub télé.

CHOISISSEZ BIEN VOS MARQUES !!!

Pour cela, quelques indicateurs :

  • Privilégiez les modes de culture de la plante, le logo d’état certifié bio au minimum pour les plantes unitaires, pour les huiles essentielles (surtout les agrumes et le basilic) et pour les bourgeons. Attention, une plante biologique peut provenir de récoltes sauvages mais être analysée et être moins polluée qu’un champ bio ; mais à l’inverse, si on vous dit qu’il n’y a pas de label mais que c’est naturel, soyez vigilants.
  • Privilégiez les petits producteurs locaux si possible et les plantes qui correspondent à notre biotope. Je privilégie en effet pour un caucasien dans la mesure du possible des plantes qui correspondent à son biotope européen. A défaut de la Gaultherie du Népal, pensez à la térébenthine du Mélèze du Portugal par exemple. Au Gymnema sylvestris d’Inde, l’extrait de radicelles de malt, la myrtille feuille  et le chrome ; mais ce n’est que mon avis.

Mais aussi :

  • La traçabilité du champ au flacon sur le laboratoire avec preuves à l’appui (pas seulement les mots du vendeur/préparateur qui sera peut-être rémunéré à la boite vendue, pas tous heureusement).
  • Un logo supérieur au bio peut parfois être un plus (biodynamie –Demeter–, nature & progrès, …)
  • Un titrage en principe actif de la plante pour la phytothérapie (standardisation) mais avec le totum de la plante si possible.
  • Demander l’analyse chromatographique et pesticides pour les huiles essentielles.
  • Vérifier que le laboratoire soit bien le fabriquant et non juste un siège social qui sous-traite toutes les étapes de fabrication.
  • S’assurer que le producteur ou le transformateur remplisse bien sa fonction de repeuplement de la flore (Engagement envers des associations…) et n’abime pas la faune.
  • Toujours vérifier la partie de la plante utilisée, la composition chimique peut en effet varier.
  • Toujours vérifier la dénomination botanique de la plante en latin. Ex : Aniba rosaedora (bois de rose “sous Cites”) est différent de Cinnamomum Camphora Linalooliferum Wood (bois de rose d’Asie pour certains ou bois de HÔ). Bien que très proche en principe actif, le totum de la plante est différent.
  • L’origine géographique de la plante, les principes actifs peuvent en effet varier car biotopes différents.
  • Un emballage de qualité pharmaceutique et en verre dans la mesure du possible, à l’abri de la lumière et une conservation dans des locaux à température constante de référence. (Attention, pour les puristes, il ne faudrait même pas avoir de code à barres sur les boites notamment sur les produits dynamisés (fleurs de bach, homéopathie…). J’étais le seul en magasin à l’époque à passer les fleurs de bach en manuel sans les scanner ! Et si vous demandez ça à votre pharmacien, il risque de vous rire au nez. De plus, en envoi par la poste, je n’ai rencontré qu’une seule pharmacie à envoyer l’homéopathie sous aluminium à l’abri de scanners dans ma région.
  • Si possible, faire un test olfactif ou visuel pour l’aromathérapie notamment avec des testeurs.
  • Les laboratoires certifiés ISO 22000 respectent le cadre légal des compléments alimentaires, et cela peut ainsi être considéré comme un gage de qualité. Pareil également pour le référentiel « fabriqué sous environnement des bonnes pratiques pharmaceutiques ».
  • Les produits contenant des excipients et additifs de synthèse ou colorants sont à éviter dans la mesure du possible tant que nous n’avons pas de recul suffisant (dioxyde de titane utilisé uniquement pour éviter de voir la couleur blanche du comprimé virer au beige…)

Je parle dans ce billet essentiellement de la qualité de culture, de récolte, de provenance de la plante et de la transformation, mais il est bien évident que de nombreux autres critères entrent en considération comme le mode d’utilisation, les effets secondaires, les critères de sécurité et de qualité microbiologiques, le packaging, l’étiquette, la composition, la présence obligatoire d’un numéro de lot et une date limite de consommation…

Mais ça, c’est un autre sujet…

N’hésitez pas à laisser vos commentaires et vos avis çi-dessous sur ce sujet.

2 commentaires

  • Amélie on 27 avril 2018

    Merci beaucoup pour cet article qui vient approfondir mes connaissance sur la qualité des produits. Belle journée

  • Nathalie Inesta-Mansuy on 16 mai 2018

    Merci pour ces précisions, de bon sens…. que la société actuelle a perdu !

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